VivaLaVidaVoici le 4e album de Coldplay tant attendu, après un parcours quasi sans faute, que nous réserve le groupe anglais cette fois-ci? Alors alors alors...
    Grand fan de la première heure, je vais à la Fnac pour acheter le cd (pas question de le télécharger), et là déjà le visuel du truc refroidit : "La Liberté guidant le peuple" de Delacroix, tagguée d'un grand "Viva la vida" blanc du plus moche effet, le tout emballé dans une pochette carton digne d'un cd 2 titres; passe encore que Coldplay défende des valeurs nobles comme le commerce équitable, mais bordel, pour un disque à 16 euros (plus de 24 si vous n'êtes pas dans une Fnac), c'est abusé.
    Mais passons, passons parce que l'important c'est ce qu'il y a dedans. Alors allons y tout net, inutile de tergiverser: c'est de la caca. Pardonnez-moi mon manquement à la contraction mais c'est pour souligner la moisissure de cet album comme il se doit. Mais que s'est-il passé? Comment Coldplay a pu en arriver à ça? L'explication tient en deux mots: Brian Eno, le nouveau producteur. Mais l'écoute sera plus parlante...
Le premier titre, "Life In Technicolor", laisse pourtant présager d'un bon album. Le morceau, tout instrumental avec une bonne instru justement, est plein d'allant, le 2e riff au piano rappelle même The Cure dans leurs morceaux optimistes. "Jusqu'ici, tout va bien", comme dit un certain mec qui tombe...
    "Fondu enchaîné" sur le 2e titre, "Cemeteries Of London", aux voix et à la rythmique aux influences celtiques, avec une instru simple mais efficace, des dernières notes somptueuses au piano il faut bien l'avouer, ça ressemble un peu à du Coldplay mais quelque chose cloche, ce qui se confirme par la suite...
    "Lost"!! Ben ouais les gars là c'est clair vous l'êtes, mais alors bien... La rythmique et l'orgue de gospel, C'-E-S-T N-U-L!!! Mais pukain! pukain! (oui, avec un "k")! Comment êtes vous arrivé à ça?! C'est simplet, mais simplet... Dur de laisser la piste aller jusqu'au bout, tant mes oreilles sont remplies de fiente musicale...
    Mais le titre "42" prend tout à contrepied : dès les premières notes ont est emporté, piano et voix mélancolique superbes, soutenus ensuite par un background de violons à la "Air" (cf "The Virgin Suicides"), bref c'est du Coldplay. Tout va bien jusqu'à ce qu'un riff guitare totalement décalé pointe le bout de son nez, plutôt bien en fait lorsque doublé par une autre guitare dans le style de "Paranoïd Androïd" de Radiohead (cf solo basse/guitare), mais annonciateur d'une bonne bourde musicale: un refrain chanté médiocre, dont-la-guitare-reprend-les-mêmes-notes-ne-nous-fatiguons-pas, souligné par une rythmique infâme qui clame haut fort sa toute grande polosserie (bolosserie, mais en pire) par trois coups de batterie qui achèvent de détruire le morceau; revient ensuite la mélodie piano, seule, qui tente de clore honorablement ce titre définitivement souillé. Mais le pire est à venir...
    Attention, c'est du lourd !! Probablement le pire titre de l'album !! Avec "Lovers In Japan/Reing Of Love", c'est simple on se croit dès le début dans le générique d'"Alerte à Malibu", avec Brian Eno aux commandes du naufrage. Puis, comme le calme après la tempête, le morceau laisse un blanc et enchaîne sur un piano digne de l'ambient*, style musical propre à Eno, flottant et zen, plutôt pas mal pour le coup. Dès lors, on se pose la question: pourquoi n'avoir pas fait un album totalement dans cette veine douce feutrée mélodique hypnotique? (*pour un aperçu de la musique "ambient", téléchargez "pop ambient", à écouter dans un train en regardant défiler le paysage...) Parce que Brian Eno aime l'expérimentation justement, et il va s'employer corps et âme à flinguer ce qu'il reste de l'album...
    "Yes", commence par une intro guitare vraiment bien, digne de Coldplay, puis se fait plomber par un violon arabisant/orientalisant et une guitare country !! Allô la terre ! J'suis perdu ! Et puis depuis quand Coldplay s'adjoint un violon soliste ? Le principe, c'est le groupe, avec des instru choisies en fond par eux soit, mais pas avec l'adjonction d'un joueur de kazoo ou je ne sais quoi ! Alors là bravo Brian, bravo, tu es brillant (Brian/brillant, hum hum...).
    Avec le titre éponyme "Viva la vida", Coldplay tente une percée dans le style de "Clocks" ou "Speed of Sound" des 2e et 3e albums, mais rate, "Brianement". Les violons de dessins animés japonais et les cloches semblant s'être échappées d'un album de R. Kelly ne trompent personne, et avec un Chris Martin qui braille un Who-oh-oh-oh-oh sans justification encore moins. Je suis très méchant me direz-vous, mais c'est très mauvais...
    Seul ce titre,"Violet Hill", se rapproche de ce que Coldplay aurait dû faire, tout seul dans son coin, sur cet album. De bonne lignes mélodiques, une bonne rythmique et une voix bien placée tantôt grave, tantôt aiguë, avec une guitare sans cesse en soutien, plus un final dépouillé au piano parfait, c'est le seul morceau potable de cet album, en son entier j'entends.
    Ce qui suit s'appelle "Strawberry Swing" et n'a rien à voir avec "Strawberry fields", son intro est somme toute... ridicule, oui c'est le mot, avec une guitare aigrelette style country, oui, encore (mais pourquoi? POURQUOI?), qui décridibilise tout ce qui suit, qui n'est pas mal au demeurant, et qui rappelle sur la fin les Beatles justement, avec une descente chromatique bien chaleureuse. C'est bien mais loin de ce que sait, ou savait, faire Coldplay.
    Arrive le dernier morceau... Si vous connaissez les 3 premiers albums, ceux-ci finissent toujours par un morceau avec une base de piano à la tonalité "optimiste". Sur les autres cd, avec "Everything's not lost", "Amsterdam" et "Twisted Logic" c'était vraiment bien, mais là c'est re de la caca à nouveau encore une fois! On se croirait dans "Heal the world" avec Michael et tous ses amis, alors que la mélodie piano n'est pourtant pas si mal... Si vous connaissez donc les autres albums, vous savez que des pistes sont cachées à la fin de certains, comme c'est ici le cas (enfin bon là faut laisser tourner le cd 10 secondes de plus), où l'on sort de notre torpeur, atterré, pour entendre revenir les notes enchanteresses et mélodieuses de Coldplay qui reprennent l'instru du premier titre de l'abum, comme pour boucler la boucle, comme si le groupe parvenait finalement sur la fin à s'extirper des griffes de son producteur et à nous inviter à nous en échapper nous aussi...

    Bref! J'ai acheté cet album car je suis et reste fan de ce groupe mais on ne peut laisser la médiocrité de Brian Eno prétendre égaler les coups de génie passé de ce groupe qui reste toujours, malgré tout, un des meilleurs selon moi. Si vous êtes malgré tout toujours tenté de l'acheter pour voir quand même ce que ça vaut, je finirai en empruntant les mots d'une sénatrice d'Aldéran célèbre : à l'heure du choix, chacun est libre.

Xximus