[Feed, 2003], traduit par Guillaume Fournier, Gallimard, "Scripto", 2004.

interfaceL'histoire : Dans le monde de demain où vit Titus, l'interface dirige chaque être humain. Elle est reliée à tout : les fonctions corporelles, les émotions, la mémoire. Pourtant, dans ce monde de rêves où les désirs sont exaucés avant d'être formés, les inégalités et les injustices persistent. Titus nous confie sa vie, ses pensées et ses sentiments car, même dans le futur, les humains ressentent toujours l'amour et la tristesse.

Notre avis : Voici un roman qui nous rappelle le cycle des Uglies de Scott Westerfeld (voir les articles précédents ; nous retrouvons aussi le traducteur). Même si certains éléments se retrouvent, nous n'avons pas été déçus et ce, pour plusieurs raisons.
   D'abord, l'intrigue est originale et palpitante et les personnages attachants.
   Ensuite, le style est novateur. En effet, la forme des dialogues est nouvelle : les répliques se succèdent sans verbe d'introduction et tiret. Un lecteur habile saura s'y retrouver, d'autant que cela ressemble aux pratiques déjà existantes sur les plateformes d'Internet où les gens communiquent par écrit sans règles spécifiques. De plus, les technologies futuristes ne sont pas décrites longuement, elles sont intégrées au récit et données comme acquises. Cela permet de s'immerger totalement dans le récit.
   Enfin, l'auteur dénonce les dangers de l'évolution de la société : perte des valeurs, décadence humaine, comportements de consommateurs, non respect de l'environnement sont, entre autres, quelques thèmes évoqués. Nous assistons ainsi à la conclusion logique de l'évolution, si rien ne change.
   Inquiets pour l'avenir et émus par le dénouement, nous sommes absorbés jusqu'à la dernière page qui clôt le récit mais non les réflexions.
Bilan : un roman futuriste qui nous émeut et nous incite à la réflexion.

Mirabilia.