La Joie de Lire, 2007.

VirusL'histoire : Tous les chats vont être envoyés à la SPA (tués donc) puisqu'ils polluent le paysage. Certes Virus est vraiment une taigne, mais Gaspard ne sait que penser. On ne va quand même pas tuer son chat à lui ?

Notre avis : Dans ce roman, les personnages ne sont pas caricaturés. Bien caractérisés, sans être typés ni stéréotypés, ils fourmillent dans cette histoire en donnant ainsi au récit multiples touches colorées. L'effet de réel est à son comble. De plus, il n'est pas question de bien ou de mal mais de pensées, aussi confuses et contradictoires que peuvent l'être celles de la vie. Ainsi, Gaspard s'intéresse d'abord à son cas, s'interroge aussi sur le sort des autres, et achève sa réflexion en analysant ses propres pensées. Est-ce mal de vouloir condamner un chat qui ennuie tout le monde ? N'est-ce pas un être vivant comme les autres ? Penser à soi avant les autres : est-ce un acte préjudiciable ?
Le récit apporte aussi quelques suppléments : certains éléments sont laissés incertains, ce qui est rare dans un roman, surtout s'il est destiné à la jeunesse. Les albums sont dans ce cas beaucoup plus audacieux que les romans. Ainsi, dans cet original récit, la part d'interprétation et de doute est grande : cela fait plaisir de constater que Valérie Dayre croit à l'intelligence de tous, y compris des enfants.
La quatrième de couverture annonce : "Catégorie d'âge : Chaque lecteur est unique. Si vous avez un doute, demandez conseil à votre libraire." Nous acquiesçons.
Bilan : Un roman dont les personnages sont de multiples portraits réalistes de la société, un récit qui fait tourner les méninges.

Mirabilia