Petit à petit, 2008.

dobervalL'histoire : Karim apprend qu'un ami s'est suicidé. Ce dernier le regarde découvrir la nouvelle et réagir. Doverbal, une ville habituellement ordinaire, devient vite le lieu où se massent les journalistes. Très vite encore, Karim devient la cible des remarques.

Notre avis : Nouvelle collection pour les éditions Petit à petit ! Romans pour ados, petit format, titre cherchant à provoquer un peu, couverture avec un dessin : tout cela semble déjà vu. Et pourtant l'originalité est atteinte. Peut-être est-ce dû à la réduction du format, encore plus petit que les autres. La raison principale est surtout l'histoire.
Cependant, jamais nous n'aurions pu penser qu'un si court récit fasse l'objet de plusieurs tomes. Mode des tomes ? Mode du récit court ? Mode tout court ? Nous voici donc devant un objet livre qui ressemble aux autres mais s'en distingue toutefois par quelques nuances.
Le narrateur est le personnage mort : original et osé. Pas de fantômes clichés, pas de récit rétrospectif motivé par ce choix, pas de construction attendue donc. Nous suivons bien Karim, personnage principal, mais par les yeux d'un autre. Le choix est attrayant.
L'histoire cherche à déclencher des flux de pensées. Constats sur notre société, critiques, amertumes et injustices dénoncées sont au cœur de ce roman qui s'inscrit bien dans la mode des romans dits pour adolescents. Mais la critique n'est pas trop caricaturale et le récit n'est pas (trop) une propagande.
Le choix des mots et la construction des phrases oscillent entre langage familier et soutenu. Un équilibre sympathique et qui diffère des habituels choix d'auteurs. La division en chapitres aux titres cherchant à faire rire est aussi originale et nous avons apprécié l'entrée de l'humour dans un texte qui semble se vouloir noir.
Bilan : nous oscillons entre évoquer un roman qui s'inscrit dans l'air du temps ou exposer les quelques originalités qui nous le font remarquer.

Mirabilia