Gulf Stream Editeur, « Courants noirs », 2009.

empireL'histoire : 1858. Clara est esclave en Caroline-du-Sud. Lorsque des Blancs tuent son père, la colère l'envahit.

Notre avis : L'auteur sait capter l'attention de son lecteur. Il choisit un point de vue omniscient mais de nombreuses phrases révèlent le point de vue du narrateur absent de l'histoire. Ces quelques insinuations (moqueries, ironie, jugements de valeur) rendent l'action plus réelle. Le lecteur pénètre alors dans l'univers décrit en s'identifiant tantôt à Clara, tantôt à d'autres personnages, avec plus de facilité. En n'imposant pas une focalisation interne, le narrateur permet aussi au lecteur de ne pas rester fidèle à un personnage si le comportement de celui-ci le gêne. Car, dans ce roman, il n'y a pas de héros tout bon. L'absence de manichéisme évite aussi les clichés de l'esclavage : nous découvrons des Hommes et la couleur de peau ne définit pas s'ils sont bons ou méchants.
Nous avons aussi apprécié que l'auteur n'utilise ni pathos facile ni violence gratuite. Le récit est avant tout un rappel historique livré sous forme fictionnelle.
L'histoire est assez bien construite même si nous pouvons deviner quelques éléments du dénouement, le style choisi sert le propos et les personnages offrent des portraits réalistes et vraisemblables.
Seul regret : le travail d'impression n'est pas parfait. Certaines pages sont en effet de biais.
Bilan : une fiction historique bien écrite qui nous a captivés.

Mirabilia