La Joie de lire, "Récits", 2008.

ce_cahierL'histoire : Granninouchka perd la mémoire. Pas tout le temps, pas souvent. Mais suffisamment pour ce soit pénible. Pour elle et pour les autres. La mère de Gaspard, sa fille, décide de la mettre dans un endroit adapté. Adapté pour qui ?

Notre avis : Les romans pour enfants ne présentent pas souvent des histoires où le personnage principal est une personne âgée qui présente, en plus, des défaillances. Le sujet fait trop penser à la mort et est trop triste. Pourtant, les romans parlent bien de drogue, de tueur, de malheur, alors pourquoi pas de la vieillesse ? Ce n'est pas une honteuse maladie. Nous admettons toutefois que le sujet peut difficilement convenir aux jeunes lecteurs qui ne vouent pas obligatoirement un intérêt pour la démence sénile. Toutefois, nous pensons que ce roman peut plaire en tant qu'achèvement de la série de Gaspard. Nous avons connu Gaspard et Nouchka et cette dernière est un peu devenue la grand-mère du lecteur s'identifiant à Gaspard enfant. L'intérêt est donc existant. Et, sans créer de système d'identification, Nouchka peut rappeller au lecteur ses propres grands-parents, s'il en a. Nous ne voulions pas justifier un intérêt possible car nous ne doutons qu'un roman puisse plaire, mais nous tenions à exposer notre point de vue sur cette publication qui peut être, malheureusement, contestée.
Au sujet de l'histoire, la construction est exemplaire. Valérie Dayre parvient à retranscrire, par l'écriture, les démences de Nouchka. Phrases inachevées, digressions, ratures : ce cahier est réaliste. Nous nous sommes laissés porter par ce récit très émouvant, poétique parfois, et tristement drôle aussi, grâce à la personnalité habituelle de Nouchka. Valérie Dayre offre aussi une critique réaliste et équilibrée (donc sans exagération) des hospices pour personnes âgées.
Bilan : un roman bien écrit, émouvant, réaliste, captivant.

Mirabilia