L'école des loisirs, « Médium », 2009.

passe_murailleL'histoire : Avant, Jean évoluait dans le monde créé par Sarah, avec ses mots, ses rires, gros_logo_Coup_de_coeurses éclats. Maintenant, le monde de Sarah est masqué par des murs. Jean décide de les faire tomber.

Notre avis : Retenez votre souffle. Voici un roman comme nous en trouvons rarement. Cette œuvre d'excellence nous a profondément charmés. Commençons par l'analyse.
D'abord, la technique. Le roman est très bien construit : nous suivons le personnage principal, Jean, narrateur de ce récit à la première personne, divisé en plusieurs parties. L'identification fonctionne et toute notre attention (celle de Jean par conséquent) se tourne vers Sarah. Le portrait de Jean est extrêmement réaliste, au point que nous nous demandons si l'auto-fiction ne serait pas le moteur de sa création. Ses émotions, ses pensées, ses agissements : tout est vraisemblable, cohérent et l'effet de réel fonctionne parfaitement. Alors les émotions envahissent le lecteur, naturellement.
Ensuite, le style. L'écriture est maîtrisée. Les styles se relaient en gardant pourtant une cohérence qui fait la force du roman. Poésie ou narration : la limite est floue et les catégories deviennent incertaines. Nous voici alors emporté dans un récit dont les mots traduisent à la perfection les émotions du personnage.
Enfin, l'histoire. Elle est simplement magnifique. L'auteur parvient à nous offrir un récit qui captive du début à la fin. Nous nous posons une questions : comment l'auteur a-t-il fait pour parler de la maladie de Sarah avec un tel réalisme ? En effet, aucun cliché n'est présent dans ce roman. Nous n'avons pas un énième roman « sur » l'anorexie. Les mots sont justes, les phrases précises et chaque propos évoque avec une très grande pertinence la réalité. Nous pensons de nouveau à l'auto-fiction. Ou bien, les sources d'informations ont dû être nombreuses et très fiables. Jean-Noël Sciarini montre l'anorexie comme nous ne l'avions jamais lue. Et quel dénouement ! L'auteur franchit toutes les barrières habituelles, permettant véritablement à son œuvre de se distinguer positivement.
Après l'analyse, abordons ce qui dépasse la technicité. Ce roman nous a intensément bouleversés. Un paquet de mouchoir n'a pas suffi. L'auteur ne joue pas du pathos, au contraire : il parvient à saisir la réalité avec un incroyable talent. En plus, l'amour, la tristesse, la joie sont des émotions difficiles à exposer et l'histoire est avant tout une grande déclaration. Quel talent que d'avoir su varier les expressions pour parler d'amour ! Nous étions des passe-muraille est un livre qui fera toujours partie de notre bibliothèque et nous tenons à remercier l'auteur.
Bilan : un très grand coup de cœur. Ce roman transcende toutes les analyses. L'auteur nous offre véritablement une œuvre d'exception. Merci.

Mirabilia