Sarbacane, « eXprim' », 2010.

La_mort__j_adore____Saison_2L'histoire : Et non ! Clémence n'est pas morte. La preuve : elle part en voyage gros_logo_Coup_de_coeurscolaire. Banal ? C'est mal connaître Clémence.

Notre avis : Ce que nous aimons avec les romans de la collection « eXprim' », c'est qu'ils incitent toujours à faire parler. Qu'il ait aimé ou non, le lecteur a envie (besoin ?) de s'exprimer (allons, nous n'irions pas jusqu'à faire une boutade si évidente).
Et ce roman, nous l'avons aimé !
Pour ceux qui ont raté la saison 1, rappelons que nous l'avions déjà fortement appréciée. Aussi, nous craignions un peu l'effet suite qui déçoit souvent. Et bien non ! Alexis Brocas nous a encore charmés, au-delà même de nos attentes. Une suite meilleure que ses origines ? À débattre. En tout cas, les qualités sont là.
Nous retrouvons donc notre grosse et moche Clémence dont la langue sarcastique nous avait tant manqué. Encore une fois, nous pourrions nous réjouir en analyses stylistiques mais ne pensons toujours pas que ces propos aient leur place sur un blog. (Quoique. À réfléchir.) La langue se tord, les mots sonnent, les phrases percutent : tout ceci est un enchantement. Et si nous n'avions pas été gênés par une faute p. 346 et une autre qui nous a carrément fait relever les cheveux sur la tête p. 254, nous aurions pu nous laisser aller à faire des éloges durant des paragraphes.
Pour davantage d'explications sur le style maîtrisé et novateur, vous pouvez consulter notre avis sur la saison 1.
Souvent, le principal défaut des suites n'est pas dans l'atmosphère à retrouver puisqu'elle est facile à poursuivre mais dans la nouvelle intrigue créée. Et ici, Alexis Brocas nous enchante : les chronologies mouvementées créent du suspense jusqu'à la dernière page, les nombreux récits annexes sont autant d'histoires savoureuses et les nouveaux personnages inventés sont très riches et bien caractérisés. Une réussite donc.
Relevons aussi quelques nouveautés qui ajoutent au charme : Alexis Brocas s'introduit dans son histoire et poursuit son entreprise de validation de son roman en l'introduisant dans le monde réel, ce qui est très drôle, bien amené et respecte l'équilibre du point trop n'en faut ; les jeux de clins d'œil avec le lecteur du tome précédent sont évidemment les bienvenus ; les critiques ouvertes faussement masquées sont vraiment un délice, et, surtout, la fausse légitimation pédagogique – avec des notions d'anglais, de philosophie et de littérature insérées à l'histoire, ainsi que des messages de protection de l'adolescent (notre héroïne massacre des gens mais lorsqu'elle s'affronte à des dangers réalistes, elle refuse de tirer sur un joint, bien évidemment) – est vraiment une preuve du talent de l'auteur qui sait jouer avec son lectorat.
Bref, vous l'avez compris, cette saison 2 mérite d'appartenir à toutes les bibliothèques !
Bilan : une écriture stylisée, une histoire captivante et intelligemment construite, une héroïne bien caractérisée : un mélange qui envoûtera tous les lecteurs. Un coup de cœur, évidemment.

Mirabilia