15 novembre 2009
Hip Hop, Volume 1, écrit et illustré par Kim Soo-Yong
Milan, « dragon », 2007.
L'histoire : En observant des danseurs, un jeune décide de se lancer dans le Hip Hop. Mais son comportement asocial qui le faire exclure des cours nuit aussi à son intégration parmi les danseurs.
Notre avis : Ce manga commence par nous décevoir : fautes d'orthographes, nombreuses scènes de violence inutiles, vignettes bâclées, construction parfois étrange, etc.
Pourtant, nous observons tout de même quelques points positifs : l'histoire est (un peu) originale ; la danse est honorée (bien que les dessins soient à revoir) et les personnages sont réfléchis (bien que caricaturaux, mais pourquoi pas ?).
Peu d'événements dans ce premier volume, seul le dénouement a été réfléchi pour donner envie de lire la suite, dont nous nous passerons.
Bilan : un manga qui honore le hip hop mais est malheureusement décevant.
Mirabilia.
18 octobre 2009
Spirou, le journal d'un ingénu, écrit et dessiné par Emile Bravo
Dupuis, 2008
L'histoire : Spirou n'est pas encore le héros que nous avons appris à connaître ; il est encore jeune, travaille dans un hôtel comme groom, va faire la rencontre de Fantasio, et même se retrouver au cœur d'événements aux conséquences tragiques durant la Seconde Guerre mondiale.
Notre avis : en lisant le pitch, on ne peut que se dire « voilà qui est intéressant, la genèse de Spirou, cela promet un bel album ». Malheureusement, le résultat est aux antipodes de nos attentes, et de ce qu'est un album de Spirou tout court. Encensé par la critique, intrigant par sa simple quatrième de couverture qui nous promet de nous révéler tout sur l'origine du personnage, cet album est non seulement raté de bout en bout, mais apparaît aussi comme une trahison de l'esprit d'origine de la série ; et le pire, c'est que personne ne va pouvoir présenter une genèse digne de ce nom ensuite.
Démarche un peu exceptionnelle mais qui va servir notre propos, passons aux échos que l'on peut encore trouver sur Internet (choix hasardeux, parmi les liens que l'on trouve en première page des résultats Google). Le but n'est pas de juger la qualité des critiques et des rédacteurs (les sources fournissent un travail de qualité), mais seulement d'examiner les éléments qu'elles avancent. Alors, que nous raconte-t-on ?
« Emile Bravo a réussi à donner à Spirou une intense épaisseur psychologique, lui a créé une histoire, et a inscrit cette histoire dans l'Histoire. »
C'est peut-être une des assertions qui nous paraît la plus inconcevable après la lecture de cet album. Partant du postulat que Spirou est un ingénu, Emile Bravo fait du personnage un gamin sot, benêt, un peu naïf aussi, et même quelquefois méchant et roublard. Viendrait alors l'épaisseur psychologique, lorsque le jeune homme ouvre son esprit en prenant conscience de la guerre qui éclate. Ainsi, Spirou comprend qu'être groom c'est gâcher sa vie, qu'il est attiré vers des choses plus grandes, même s'il ne saisit toujours rien au monde qui l'entoure. Le simplisme et la caricature de la démarche spirituelle qui est ainsi censée être la sienne mettent déjà l'album en dessous de tous les autres de la série.
Pour ce qui est d'inscrire l'histoire dans l'Histoire, Spirou n'a justement aucune emprise sur les événements, et c'est sa naïveté qui offre une possible solution de paix pour l'Allemagne et la Pologne. En étant à aucun moment acteur du récit, Spirou est davantage esclave d'une suite de péripéties de qualité franchement inégale plus qu'il n'est le moteur du scénario.
« Libre de toute contrainte liée à la série, Emile Bravo s’offre un exercice de style qui retrouve les fondamentaux d’un Spirou. »
« En dire plus serait éventer la magie de cette relecture très fine et très personnelle qui, pourtant, respecte, avec bonheur, et l'esprit et la lettre de la mythique série. »
Bien au contraire, se lancer dans la génèse d'un personnage oblige par définition à travailler sous la contrainte. Et c'est cette contrainte qui doit permettre de faire naître l'originalité. Et comme dit plus haut, il s'agit de tout sauf d'une relecture. Personnages, lieux, dessins, ambiance, ton humoristique : aucune de ces caractéristiques n'est reprise dans cet album, il pourrait s'agir d'un tout autre héros et univers. Un peu moyen pour une genèse. C'est à croire que Bravo n'a lu aucun des albums de Spirou !
« Construire la première rencontre entre Spirou et Fantasio n’était certainement pas facile et l’idée de la construire comme un échec, une rencontre raté, et de plus mettre Fantasio dans le rôle du bête journaliste presque méchant, donne une forme explosive comme celle des bombes qui tomberont quelques jours plus tard. »
Force est de constater qu'à la lecture, c'est bien l'effet inverse qui apparaît ; la rencontre des deux protagonistes est loin d'être explosive, elle est davantage fade et honteuse pour le personnage de Fantasio. Qu'il s'agisse de l'incohérence du caractère ou de son rôle dans l'histoire, cette version est loin de le servir.
« Le journal d’un ingénu est tellement bien réussi que je suis certain que dans quelques années des lecteurs ou pire des nouveaux journalistes critiques de bd oseront se tromper en prétendant que cette bd est la première de la série. »
Aucun risque, les lecteurs assidus de Tintin savent bien faire la différence entre Tintin chez les Soviets et On a marché sur la lune...
Bilan : sans même aller jusqu'à se demander pourquoi personne n'a osé s'insurger devant un tel résultat, on peut se demander quels sont objectivement les point positifs qui ont fait apprécier cette œuvre à de nombreux lecteurs, critiques, etc. Cela reste un mystère. Un auteur nous sert la genèse d'un personnage connu, ici a fortiori très populaire, le livre se vendra bien quoiqu'il arrive. Mais de là à lui trouver automatiquement des qualités lorsque la médiocrité est au rendez-vous à chaque page, c'est assez inquiétant.
Pour faire une comparaison simple, Frank Miller a su faire Batman sien, lui a donné des origines (voir son excellent Year One) en accord avec ce qui a précédé et avec l'imaginaire collectif qui entourait le personnage à travers ses multiples déclinaisons. Et la tâche était loin d'être aisée si l'on compare la mythologie vertigineuse du héros de Gotham à celle de Spirou. Emile Bravo s'est de son côté lourdement égaré, et s'empêtre dans une histoire insipide qui dessert le personnage. Maîtrisant mal voire pas du tout les autres albums de la série, l'auteur mélange tout, donne à un général nazi le nom de Zorglub (probablement dans la tentative, totalement incohérente donc, de faire une référence au Zorglub original), fait de Spip l'antithèse de l'animal de compagnie évolué, drôle et altruiste, et prend finalement à la légère des milliers de morts : l'Allemagne bombarde la Pologne parce que Spip a volontairement rongé des fils lors d'une communication vitale pour la paix afin que l'espèce humaine se massacre (sic !), et parce que Fantasio donne à un officier nazi un coup de poing (code qui n'est jamais vecteur de gravité dans ce type de bande dessinée). On sent la volonté de faire passer beaucoup de messages mais tout sonne faux et Bravo vise à côté.
Cette critique s'est avant tout donné comme objectif de proposer une autre appréciation, afin que les avis positifs sur cet album, qui nous a surtout plus déçus que déplus, soient un peu contrebalancés ;)
Xximus
19 septembre 2009
Naja, Tome 3, de Bengal et Morvan
Dargaud, 2009
L'histoire : n°2 entre dans la danse, Naja s'humanise, et les tueurs deviennent les traqués.
Notre avis : à chaque tome, on pense tenir l'apothéose de la série entre ses mains ; et si
les chapitres 1 et 2 étaient excellents, les auteurs mettent ici la barre encore plus haut. L'arrivée de n°2 offre une nouvelle définition au terme « tueur », et alimente des séquences explosives, cruelles, hypnotiques. Au-delà de ses qualités narratives remarquables et de son dessin qui nous laisse ici encore admiratif, la force de la série réside dans le développement de ses personnages, des liens (tordus certes) qui les unissent, et dans la connaissance qu'on nous offre de leur passé. L'ensemble ne perd rien de son ton critique détaché et n'oublie pas de donner sur le monde un regard toujours acide et direct. Pour finir (et sans rien vous révéler), les ultimes pages amorce une fin en suspens grandiose, dont le mystérieux narrateur prend un malin plaisir à nous faire languir. Et il y parvient, au-delà de ses espérances.
Bilan : n'ayez aucune hésitation à vous lancer dans cette série. Quand un cycle classique d'albums s'étend sur une trentaine d'ouvrages et peine bien souvent (et c'est normal) à se renouveler, Naja offre une intrigue en 5 tomes où tout le talent et l'énergie des auteurs se voient condensés pour notre plaisir. Et parce que ce troisième tome est (pour l'instant) probablement le meilleur, coup de cœur.
Xximus
Bonus : en exclusivité sur Otium (pour l'instant donc), voici une planche apparemment issue du 4e tome, prévu pour décembre 2009/janvier 2010, dans laquelle apparaît un personnage inédit, qui serait vraisemblablement n°0, le grand patron de l'organisation... ou le fameux "il", difficile à dire.
On vous laisse savourer, n'hésitez pas à laisser vos commentaires !
18 septembre 2009
Naja, Tome 2, de Bengal et Morvan
Dargaud, 2008
L'histoire : Naja a un emploi du temps somme toute bien chargé : se débarrasser du tueur n°1 de l'organisation avant qu'il ne la tue, délivrer son seul ami de la pire prison de Bogota, et rester en vie.
Notre avis : ce second tome démarre en trombe avec un incipit en forme de
focus sur Max, le n°1, tueur charismatique de l'organisation, qui va devoir échapper aux foudres de notre petite Naja ! Cet album adopte ici une structure faite de récits enchâssés, le cœur de l'histoire étant constitué d'un retour en arrière expliquant la situation de la première, et de la dernière page. Là encore, le scénario est bluffant de fluidité et d'intelligence, et prend vie au travers d'un dessin incisif et énergique. Les images, dans leur composition et leur enchainement, adoptent un style de plus en plus cinématographique, avec une maîtrise qui ferait pâlir bon nombre de réalisateurs de films actuels... Et le bonus de l'entrée en scène de n°2 dans l'intrigue achève de faire de cet bande dessinée une petite bombe...
Bilan : Second opus de la série, ce tome est presque supérieur à son prédécesseur. Les auteurs réussissent une fois de plus à proposer simultanément une avancée significative du cycle et un récit prenant et sans temps mort. Un coup de cœur, encore une fois.
Xximus
02 septembre 2009
Hunter X Hunter, Tome 26, écrit par Yoshihiro Togashi
Kana, « Shonen Jump », 2009
L'histoire : l'assaut contre le palais du Roi des Kimeras Ants touche à sa fin pour Gon et ses amis. Mais alors que les combats font rage, des événements inattendus vont mettre les certitudes de certains à rude épreuve.
Notre avis : magistralement structuré, ce tome 26 apporte un nouveau degré de complexité dans la résolution de l'intrigue. L'auteur ne cède pas à la facilité, et alors que l'on croyait voir se dessiner la tournure prise par les événements dans le tome précédent, les limites sont encore repoussées. Côté dessin, les combats sont incroyablement beaux et intelligents (et parfois très drôle !), l'auteur va même un cran plus loin qu'à son habitude pour les émotions et les expressions des visages, libérant son trait comme il l'a rarement fait jusque-là. Et les ennemis que rencontrent nos héros sont de plus en plus étonnants et dangereux, pour notre plus grand bonheur. Vous comprendrez en parcourant les planches où figure Yupi, monstre cauchemardesque à souhait...
Bilan : bien que l'intrigue des Kimera Ants soit moins envoûtante que ce qui a précédé dans la série, l'auteur parvient à lui redonner un second souffle et emmène avec brio les personnages des deux camps dans de nouvelles directions. Sans pour autant prendre son temps et s'attarder inutilement, Yoshihiro Togashi semble avoir mûri cette partie de son cycle, qui prend une tout autre ampleur et nous promet une suite passionnante.
Xximus
07 août 2009
Jerry Stobbart, Tome 1, Contre le Serial Killer, écrit et dessiné par Ale
Delcourt, « Shampooing », 2008.
L'histoire : Jerry est un stupide inspecteur de police. Lorsque le Président des États-Unis manigance et est responsable de nombreux crimes, Jerry est chargé de l'enquête.
Notre avis : Les strips offrent l'occasion de situer des gags mais ils se succèdent aussi pour former une histoire. La lecture découle donc de modalités nouvelles : un ralentissement de l'intrigue par des gags et une continuité par l'histoire. Car, en effet, les gags n'ont pas comme seule fonction d'égailler ; ils participent aussi à l'histoire. La correspondance entre gags et histoire est donc choisie avec originalité.
Passons au contenu même. Les gags sont parfois assez décevants mais satisfont souvent. Un équilibre atteint. Certes, nous constatons une redondance, un manque d'originalité et une facilité doublée d'une simplicité... malgré cela, la lecture nous a distrait, que demander de plus ? Quant à l'histoire, elle est assez bien construite et relativement inattendue. Nous insérons de nombreuses quantifications à nos remarques car l'œuvre ne parvient jamais à nous satisfaire pleinement. Il manque quelques heures de travail selon nous. Nous sentons trop la marque de la création d'origine, sur le blog de l'auteur, retranscrite avec peu (ou pas ?) de modifications.
Les personnages sont caricaturaux et c'est ce qui provoque le rire. L'humour est provoqué par gags, par caricature, par coups de théâtre, par jeux visuels et jeux de mots. Mais l'alternance n'est pas assez marquée et le gag prédomine.
Les illustrations sont très simples, ce qui peut lasser au bout de quelques pages. Les rares efforts effectués avec l'insertion, prometteuse, d'éléments photographiques, ne sont pas souvent présents et pas assez aboutis.
La satire créée repose sur l'exagération, et l'absurde, et parvient à provoquer le rire, sans pour autant inciter à la réflexion, ou si peu... c'est dommage.
Bilan : bien que de nombreux défauts existent, cette bande dessinée amuse et distrait.
Mirabilia
23 juillet 2009
Un drôle de père, tomes 1 et 2, écrits et illustrés par Yumi Unita
[2006], traduits par Yuki Kakiichi, adaptés par Laurence Gillet, éditions Delcourt, « Collection Jôhin », 2008.

L'histoire : Daikichi est un trentenaire qui travaille beaucoup et ne s'occupe pas vraiment de son look et de ses relations amoureuses.
Lorsque son grand-père meurt, il décide de prendre en charge la petite Rin. Pas facile de devenir père du jour au lendemain.
Notre avis : Ce manga est supposé être destiné aux jeunes femmes trentenaires, mais nous pensons qu'il peut plaire à chacun.
Les personnages de cette histoire sont loin d'être des caricatures. Très individualisés et réalistes, ils charment le lecteur et le plongent rapidement dans l'histoire. Celle-ci, pleine de rebondissements, bien qu'ayant peu d'actions,
suit une progression qui captive. En effet, nous prenons plaisir à voir l'évolution progressive des personnages. Véritable peinture des psychologies, ce roman offre en plus un tableau très concret et pertinent de notre époque contemporaine. Les rapports entre les individus sont exposés, les relations que chacun entretient avec son travail sont ciblées avec justesse et nous ne pouvons que nous sentir concernés par cette histoire.
Les illustrations saisissent l'expression des personnages sans user à l'outrance de l'habituelle caricature des mangas. En plus, l'auteur joue avec les cadres et les temporalités. La narration est ainsi novatrice et dynamique.
Dans le premier tome, un court lexique permet de comprendre quelques termes obscurs et des notes transcrivent la traduction de tous les signes des vignettes. Ainsi, nous ne sommes pas délaissés et pouvons saisir tous les détails.
Bilan : un manga original qui peint avec un grand réalisme les relations entre les individus.
Mirabilia
21 juillet 2009
Le Collège Invisible, Tome 8, Lostum, écrit par Ange, dessiné par Donsimoni et coloré par Guillo
Soleil, 2008.
L'histoire : Dans ce tome, Guillaume, Capucine, Thomas et Dragounet passent par le portail les menant au collège invisible. Mais au lieu d'atterrir devant l'édifice scolaire, ils se retrouvent perdus quelque part sur Terre (ou ailleurs).
Notre avis : Nous ne connaissions pas cette série. Nous vous affirmons donc qu'il est possible de lire cet épisode sans avoir lu les précédents.
L'histoire est simple et divertissante. Sa construction ressemble aux dessins animés télévisés et, puisque tel semble être l'objectif, l'œuvre est réussie. Ainsi, comme un dessin animé télévisé, l'intrigue n'apporte pas de grandes réflexions, n'incite pas à se poser des questions et le dénouement se devine. Les personnages sont caricaturaux et leurs réactions sont aussi attendues.
En tant que pur divertissement, la bande dessinée plait. Ce qui la distingue de ses copies est l'omniprésence de l'humour. Jeux de mots, gags, jeux scéniques, etc. : les auteurs et illustrateurs cherchent à faire rire. En plus, quelques jeux de mots sont parfois novateurs !
Bilan : Si vous recherchez une bande dessinée qui vous captivera et vous emmènera loin, lisez une autre œuvre. Si vous recherchez une lecture de divertissement, cette bande dessinée vous conviendra.
Mirabilia
08 juillet 2009
La bible des sales blagues, Livre deux, écrit et illustré par Vuillemin
Glenat, Drugstrore, « L'Echo des Savanes », 2008.
Les blagues : Salaces, sexuelles, pornographiques, scatophiles, etc. De l'humour noir, jaune, de toutes les couleurs, cracra et dégoûtant.
Notre avis : Que ceux qui critiquent ne trouvent rien à redire : ceux qui cherchent de telles blagues seront satisfaits. Point. Nul ne sert de critiquer. Ceux qui n'aiment pas le principe n'ont qu'à s'en détourner. Ceux qui apprécient l'humour qui fait sourire difficilement ou rire franchement aimeront cette bande dessinée (compilation de trois albums).
Le sexe est la thématique dominante mais quelques variations sont aussi insérées : travail, relations de couple, vieillesse, différences, etc. Nous pensions que nous tournerions en rond à force d'avoir des blagues autour du même sujet, mais il n'en est rien. L'auteur est imaginatif et nous surprend à de nombreuses reprises. Les illustrations servent à enrichir le propos : les visages sont laids, les traits sont appuyés et le dessin est savamment étudié pour donner l'impression de saleté.
Le sale est ce qui domine dans toute la bande dessinée et le titre est alors très adéquat. Seule la typographie est un peu trop exagérée selon nous : il est parfois difficile de tout lire au premier coup d'œil.
Bilan : Ceux qui aiment les blagues sexuelles et assez cradounettes se réjouiront de lire cette bande dessinée, aux blagues variées et aux dessins pertinents.
Mirabilia
28 juin 2009
Toto l'ornithorynque et le lion marsupial, écrit par Eric Omond et dessiné par Yoann
Delcourt Jeunesse, 2008.
L'histoire : L'ornithorynque, l'échidné, le koala et la chauve-souris ont des ennuis avec des dingos, qui, en plus, magouillent avec un lion marsupial. De quoi s'inquiéter.
Notre avis : Le principe est clair : il s'agit de mettre en scène des animaux méconnus, et, si possible, en voix de disparition. Dans cet épisode, nous rencontrons aussi un wombat et d'autres spécimens pour compléter le tableau.
Une fois passée cette dimension pédagogique, nous nous intéressons à l'histoire. Simple et très basique, elle n'est pas très distrayante. L'humour manque un peu pour égayer l'intrigue. Certes, nous nous sommes amusés à découvrir les personnalités choisies pour les animaux. Les apparences de chacun ont en effet été associées à nos stéréotypes pour créer des types assez réjouissants. Le gros ornithorynque est donc un peu ballot. Mais l'histoire reste assez lassante.
Les illustrations se distinguent de celles de nombreuses productions. Nous découvrons des dessins d'animaux assez réalistes, mais aussi stylisés avec les traits de l'auteur. Quelques expressions humanisées viennent dynamiser les portraits. La plupart des vignettes est très travaillée, ce qui compense l'intrigue décevante. Les couleurs correspondent aux ambiances, ce qui est appréciable.
Les créateurs ont choisi d'utiliser à de nombreuses reprises l'ellipse pour la succession des vignettes. Mais parfois l'usage est trop important et l'action est trop rapide pour un nombre de vignettes restreint. Comme l'histoire de ces planches ne font que peu avancer l'intrigue, ce n'est pas très important.
Bilan : bien que les dessins soient originaux, l'histoire et sa construction déçoivent.
Mirabilia
