17 janvier 2009
Voleuse de peluche, écrit par Florence Seyvos
Illustré par Mette Ivers, L'école des loisirs, "Mouche", 1993, réédité en 2008. 
L'histoire : Marion ne peut pas abandonner ce petit mogwaï au milieu de ces rayons de peluche. Vite, elle le met dans son sac avec la complicité de sa soeur. La famille sort du magasin sans problème mais, arrivées à la maison, les filles doivent affronter la réalité.
Notre avis : Ce court roman mérite une attention particulière !
Les personnages et les situations sont très réalistes. Les sentiments décrits retranscrivent brillamment ceux de réels enfants et chacun se retrouve au travers des énoncés. L'émotion survient alors naturellement et le récit nous emporte loin.
Très réaliste, nous insistons, le récit ne livre pas toutes les clés et certaines phrases restent énigmatiques, laissant la libre interprétation du lecteur s'exprimer. De plus, la morale est évitée : ici, le mal et le bien sont des notions abstraites, comme dans la réalité, et le lecteur est libre encore une fois de penser ce qu'il souhaite.
Les illustrations, très réalistes aussi, accompagnent ce texte avec réussite : les expressions sont saisies, les corps des jeunes enfants laissent percevoir un âge réel et non idéalisé.
Bilan : un coup de coeur pour cette histoire très réaliste.
Mirabilia
21 septembre 2008
Ma soeur est une sorcière, écrit par Diana Wynne Jones
[Charmed life, 1977], traduit par Florence Seyvos, illustré par Georges Lemoine, Gallimard, "Folio junior", 1992-1998.
L'histoire : Eric, surnommé Chat, et Gwendoline sont orphelins et doivent aller habiter cher Chrestomanci. Celui-ci doit leur donner des cours traditionnels et des cours qui le sont moins... Car, dans la famille Arcand, la sorcellerie règne.
Notre avis : Faut-il encore une fois le répéter ? Nécessairement oui : le titre français est très décevant. Pourquoi l'édition contemporaine a-t-elle cette faille ? Puisque nous ne résoudrons pas ce problème aujourd'hui, voyons ce qu'il en est du roman.
Ce roman, assez ancien, ne ressemble pas à ceux de fantasy que l'on trouve en masse dans toutes les librairies. Pourtant, le début y ressemble. Nous avons donc hésité à poursuivre notre lecture tant les premières pages abondaient en clichés : orphelins, école de sorcellerie, grand sorcier sage, soupçon, bêtises, etc.
Nous avons poursuivi malgré nos réticences et... nous avons bien fait ! Le dénouement est extraordinaire et nous incite à relire l'oeuvre. Tout ce qui a été écrit tendait vers le dénouement ; aucun passage n'était décoratif et le roman possède ainsi une construction logique surprenante. Nous avons été bluffé par l'imagination intense de l'auteur et son don pour créer une architecture aussi solide.
En revanche, nous ne sommes pas satisfaits de l'édition présente. Les illustrations sont insérées avec peu de soin et parfois déformées ; le texte est beaucoup trop serré et ramassé. Ce roman a le droit à une nouvelle mise en page pour lui donner un coup de jeune.
Bilan : un roman fantastique très surprenant et original qui mérite d'être lu par tous.
Mirabilia.
06 juin 2008
Quand papa était femme de ménage, écrit par Anne Fine
[Madame Doubtfire,1987], traduit par Florence Seyvos, l’école des loisirs, « neuf », 1989. (Réédité en « médium »)
L'histoire : Daniel et Miranda sont deux individus totalement opposés. Elle est femme d’affaires et sévère avec ses enfants ; il est comédien au chômage et ne pense qu’à jouer avec ses enfants. Pourtant, Lydia, Christopher et Natalie sont leurs enfants communs. Miranda a la garde des enfants ; Daniel n’a le droit qu’à un goûter par semaine et un week-end sur deux avec ses trois gamins qu’il adore. Selon Miranda, Daniel est incapable de s’occuper d’enfants ; selon Daniel, Miranda est un tyran. Miranda est épuisée par ses journées et décide d’employer une femme de ménage. Daniel est outré qu’elle n’ait pas fait appel à ses services. Il décide alors de jouer la comédie et se transforme en Mlle Doubtfire, de manière à voir ses enfants plus souvent.
Notre avis : Ce roman est très drôle ! Nous avions vu la version cinématographique sans savoir qu'il s'agissait à l'origine d'un livre et nous tenons à préciser que le livre est bien plus palpitant que le film (alors que nous avions cependant dégusté avec plaisir chaque minute du film).
L'histoire est connue mais quelques détails diffèrent. Le livre expose de manière réjouissante les problèmes des adultes. Heureusement que les enfants sont présents pour nous dire ce qu'il convient de faire. Dans cette oeuvre, Anne Fine dénonce l'irresponsabilité et les erreurs que peuvent commettre tous les parents ; elle montre également l'ambiguïté des situations et la diversité des situations. Elle pose de vrais problèmes, sans toujours apporter de réponse. Nous avons aimé ce livre car, derrière un humour incontestablement drôle, les problèmes communs à tous les parents contemporains sont évoqués avec justesse.
Bilan : Lisez ce livre plutôt que de revoir une enième fois le film !
Mirabilia