16 novembre 2009
Là où vivent les morts, écrit par Marie-Hélène Delval
Flammarion, « Tribal », 1999.
L'histoire : Quelquefois, certains êtres ne trouvent pas le repos. Ils errent. Ils ont soif. De sang et d'amour.
Notre avis : Ce roman joue sur les chronologies grâce à des êtres qui connaissent différents siècles. Nous passons donc à travers les époques avec plaisir et découvrons que les êtres, et ce qui les lie, reste immuable.
L'histoire se laisse découvrir avec plaisir, bien que nous ayons remarqué quelques longueurs. Sans être ni poétiques ni soumis à un rythme intense, les événements manquent en effet parfois de dynamisme. Pourtant, le dénouement charme, bien qu'il se devine un peu.
Bilan : un court roman fantastique mais qui traîne tout de même en longueurs. L'histoire est cependant originale.
Mirabilia
15 novembre 2009
Hip Hop, Volume 1, écrit et illustré par Kim Soo-Yong
Milan, « dragon », 2007.
L'histoire : En observant des danseurs, un jeune décide de se lancer dans le Hip Hop. Mais son comportement asocial qui le faire exclure des cours nuit aussi à son intégration parmi les danseurs.
Notre avis : Ce manga commence par nous décevoir : fautes d'orthographes, nombreuses scènes de violence inutiles, vignettes bâclées, construction parfois étrange, etc.
Pourtant, nous observons tout de même quelques points positifs : l'histoire est (un peu) originale ; la danse est honorée (bien que les dessins soient à revoir) et les personnages sont réfléchis (bien que caricaturaux, mais pourquoi pas ?).
Peu d'événements dans ce premier volume, seul le dénouement a été réfléchi pour donner envie de lire la suite, dont nous nous passerons.
Bilan : un manga qui honore le hip hop mais est malheureusement décevant.
Mirabilia.
14 novembre 2009
Superglu, écrit par Brigitte Smadja
L'école des loisirs, « Neuf », 1999.
L'histoire : Que faire lorsque le nouveau, Ulysse, décide de coller Thomas, qui n'a rien demandé ?
Notre avis : Ce court roman est très plaisant. Il est étonnant de constater à quel point les personnages sont bien caractérisés. Quelques exagérations sont insérées mais elles contribuent à ajouter une dimension humoristique agréable. L'histoire évolue avec logique et même si quelques faits invraisemblables sont décrits, la réalité possible n'est jamais loin. Les jeunes adolescents occidentaux retrouveront donc avec joie un univers qu'ils connaissent. En plus, l'écriture est simple sans être simpliste.
Bilan : un roman réaliste bien écrit.
Mirabilia
13 novembre 2009
La Parole de Fergus, écrit par Siobhan Dowd
[Bog Child, 2008], traduit par Cécile Dutheil de la Rochère, Gallimard Jeunesse, « Scripto », 2009.
L'histoire : Fergus trouve un corps dans la tourbe des terres irlandaises : un cadavre datant de l'époque de Jésus ! Et, en cette période de troubles et de conflits, Joe, son frère, entame une grève de la faim pour obtenir ses revendications.
Notre avis : Ce roman se situe dans un cadre spatio-temporel rarement présenté en littérature pour la jeunesse : l'Irlande des années quatre-vingts.
L'ambiance est très bien retranscrite et le lecteur est ainsi rapidement plongé dans l'histoire.
Le personnage principal, Fergus, auquel le lecteur peut s'identifier, ne sait pas vraiment quoi penser et ses interrogations nourrissent d'éventuelles réflexions déclenchées par la lecture. Les autres personnages offrent une galerie de portraits riche et variée.
Selon nous, quelques longueurs peuvent nuire au plaisir de lecture et les liens entre les événements sont parfois trop éloignés pour offrir une lecture linéaire. Ces complexités et ces ralentissement ne rivalisent cependant pas avec la fluidité de l'écriture qui garantit une lecture dynamique.
Bilan : un roman sous forme de récit initiatique très enrichissant mais dont quelques longueurs nuisent à la lecture.
Mirabilia
12 novembre 2009
Bled, écrit par Daniel Danis
L'Arche, « Théâtre Jeunesse », 2008.
L'histoire : Bled quitte sa famille pour chercher une nouvelle maison. Septième fils, c'est son sort. Shed, tel un ogre, le pourchasse.
Notre avis : Poucet moderne, Bled utilise beaucoup le téléphone portable. Sur la scène, les jeux peuvent être multiples.
Pouvant se jouer à un ou à plusieurs comédiens, le texte est en effet propice à de nombreuses mises en scène. Mais, comme nous n'avons que le texte, n'extrapolons pas.
Certes le récit encourage l'imagination et les phrases sont très rythmées mais nous avons été un peu déçus. À force de vouloir créer trop d'effets, la langue en paraît artificielle et la pièce perd de son intérêt. C'est dommage car les idées étaient intéressantes.
Bilan : un pièce qui actualise le conte du Petit Poucet en créant un peu trop d'effets souhaitant moderniser.
Mirabilia
11 novembre 2009
Maintenant, c'est ma vie, écrit par Meg Rosoff
[How I live now, 2004], traduit par Hélène Collon, Albin Michel, « Wiz », 2006.
L'histoire : Daisy part en Angleterre pour éviter d'être avec sa belle-mère et son père. Elle y rejoint ses cousins mais ce n'est pas cela qui la fait manger davantage. Les jeunes adolescents profitent pourtant de chaque jour, même si la guerre arrive.
Notre avis : Ce roman est très surprenant. Nous sommes plongés dans le récit de vie d'une adolescente qui semble assez banale : un peu d'anorexie, des problèmes avec les parents, etc. Mais, dans ce contexte très moderne (Internet et téléphones sont présents), la guerre survient sans que ni le personnage, ni le lecteur, ne s'y attendent. Le procédé est bien vu puisqu'il mime la réalité.
Par le regard de Daisy, nous découvrons l'arrivée de la guerre, son horreur et l'après-guerre. Une guerre qui finalement ressemble à tant d'autres et n'a pas besoin d'un ennemi identifiable.
Les personnages, très bien individualisés au début, évoluent et la construction de l'intrigue traduit bien le passage du temps. Incitant à la réflexion, ce roman rappelle ce qu'est, réellement, la guerre et aussi qu'elle peut survenir à tout instant.
Bilan : un roman bouleversant où la guerre s'immisce dans la vie d'adolescents.
Mirabilia
10 novembre 2009
L'âge d'ange, écrit par Anne Percin
L'école des loisirs, « Médium », 2008.
L'histoire : Tadeudz l'impressionne. Il est l'autre personne à emprunter Amours des dieux et des héros. C'est sûr, ces deux êtres sont faits l'un pour l'autre.
Notre avis : Ce roman fait beaucoup parlé. Encensé ou détesté... les avis sont partagés. Comme nous.
D'une part, nous avons apprécié l'écriture très travaillée de ce roman. Le personnage principal, à la sexualité masquée, intrigue et capte l'attention. Poétique, l'histoire amoureuse est très plaisante à lire et, grâce à l'identification, l'émotion est saisissante. Le cadre spatio-temporel très défini et pourtant tenu à distance présente un juste équilibre pour placer le récit.
D'autre part, nous avons été agacé par les discours sur les classes sociales. Se voulant défenseur des pauvres, le personnage caricature. Certes, cela fait partie de sa personnalité mais l'exagération est agaçante.
Bilan : un roman poétique aux idées défendues un peu caricaturales.
Mirabilia
09 novembre 2009
Jolek le conteur de lune, écrit par Naïk Feillet
Seuil Jeunesse, « Chapitre », 2009.
L'histoire : Après l'échec d'une performance d'acteur, Lucas se retrouve seul dans sa chambre. Seul ? Un petit lutin nommé Jolek, conteur de lune de profession, va lui raconter trois histoires qui vont l'enchanter et lui redonner courage.
Notre avis : Ce récit met en scène des situations très classiques : un récit cadre, des personnages merveilleux conformes aux types connus, des histoires enchâssées pleine de morale et une construction générale qui correspond aux classiques du genre. Pourtant, malgré tous ces déjà-vus qui auraient dû gâcher l'œuvre, Naïk Feillet a réussi à innover et à offrir aux jeunes lecteurs des histoires merveilleuses très satisfaisantes.
En effet, l'histoire cadre est bien menée et, coupée aux bons moments, elle se suit sans problème et évolue tout de même. Certes, elle est prétexte aux histoires enchâssées mais l'intrigue est bien menée et le dénouement, attendu, est bien présenté. L'auteur parvient en plus à créer une atmosphère de conte du soir particulièrement plaisante. Aussi, nous avons apprécié que les personnages analysent les histoires internes, ce qui encourage à davantage d'interprétation.
Quant aux récits enchâssés, ils sont eux aussi réussis. Les personnages merveilleux sont repris des classiques sans grande invention mais ils sont placés dans des contextes et très situations qui bénéficient d'une grande création. Les messages sont souvent laissés à l'interprétation des lecteurs et la morale n'est donc pas trop pesante.
Subtils, ces récits se lisent avec plaisir, grâce à une écriture dynamique.
Bilan : des histoires bien écrites qui créent des univers développés et encouragent les interprétations.
Mirabilia
08 novembre 2009
16 ans et des poussières, écrit par Mireille Disdero
Seuil, « karactère(s) », 2009.
L'histoire : Shayna vit dans la banlieue de Marseille. Entre sa mère qui a hâte de la voir déguerpir, ceux qui lui font peur dans la cité et les chiens morts, seuls Enzo et une prof lui font voir la vie du bon côté.
Notre avis : Ce roman montre la violence urbaine et la vie dans les cités mais, pour une fois, cela se passe à Marseille. Changement de destination donc. Pourtant, les thématiques sont similaires. Les personnages sont bien caractérisés mais finalement stéréotypés et les situations sont, somme toute, attendues. Pour ceux qui n'auraient jamais lu de livres « sur » les banlieues, ce roman les surprendra. Pour les autres, ce ne sera que redite.
Bilan : encore un roman à thème. Certes, l'écriture est poétique mais elle ne suffit pas à rendre ce roman original.
Mirabilia
07 novembre 2009
L'histoire de Clara, écrit par Vincent Cuvellier
Illustré par Charles Dutertre, Gallimard Jeunesse, « Giboulées », 2009.
L'histoire : Durant la Seconde Guerre mondiale, Clara, bébé juif, passe de main en main et échappe toujours à la mort.
Notre avis : Dix personnages livrent tour à tour leur récit, un des épisodes de la vie de Clara. Sa mère, un allemand qui ne savait pas qu'il ferait aussi la guerre aux enfants, une sorcière bien intentionnée, une sœur... Les figures se succèdent, ne se ressemblent jamais mais ont toujours le désir de sauver la vie d'un enfant qui ne sait même pas être juif.
Vincent Cuvellier n'utilise ni pathos ni cliché pour évoquer la guerre. Les non-dits sont nombreux et construisent les personnalités des individus présentés. Accompagnés par des illustrations colorées et expressives, les récits sont touchants et montrent, grâce aux diverses focalisations, différents points de vue sur la guerre.
Bilan : à mi-chemin de l'album et du roman, cette œuvre se démarque des autres en présentant la Seconde Guerre mondiale avec des regards variés, une écriture maitrisée et une histoire émouvante.
Mirabilia