Intervista, "Cinémascope", 2008.

l_arche_de_noaL'histoire : Le jour de ses douze ans, Noa s'aperçoit qu'elle a la Vision.gros_logo_Coup_de_coeur Elle peut désormais entendre et voir les êtres qui peuplent la terre, tels les fées, les lutins et les loups, comme seules le peuvent les êtres dotés de ce pouvoir. Et, pendant ce temps, sa petite soeur Hajer réveille le Mal Absolu. Il va donc falloir lutter contre lui maintenant. De quoi avoir un emploi du temps chargé !

Notre avis : Ce roman n'est pas un roman de fantastique comme les autres, et nous félicitons l'auteur pour son invention. Nous nous expliquons :
Les personnages sont des reflets d'êtres possibles. Bien qu'un peu typés, ils restent vraisemblables. Différents et complémentaires, ils offrent différentes possibilités pour l'identification du lecteur. En piochant çà et là, chacun peut se retrouver.
L'histoire reprend les éléments classiques du genre. Etres surnaturels, lutte contre le Mal, péripéties multiples pour les héros qui sont forcément du côté du bien, etc. : tout ceci est présent. Mais loin d'être un énième roman copié collé sur ceux qui l'ont précédé, L'arche de Noa se distingue.
D'abord par le choix de la focalisation. Nous ne suivons ni un héros ni les personnages en alternance mais en simultané. C'est-à-dire que le narrateur nous donne à voir les différentes évolutions en les imbriquant les unes dans les autres. Un équilibre difficile à manier pour l'auteur, mais un défi relevé haut la main.
Ensuite par la position du narrateur. Un "je" extérieur à l'histoire nous fait découvrir l'intrigue. Cette puissance inconnue nous livre quelques informations en donnant l'impression de ne s'adresser qu'à nous, lecteurs. Cette proximité et les interpellations insérées dans le récit attirent l'attention et captent notre intérêt.
Enfin par le style. L'humour est très présent, ce qui est rare ou seulement ponctuel habituellement dans les romans de fantastique.
Tout nous captive. L'auteur a aussi choisi de guider le jeune lecteur en balisant sa lecture. Les informations à retenir sont présentées comme telles, quelques rappels sont insérées et le narrateur semble toujours venir à notre secours pour faciliter notre compréhension des mots jugés difficiles ou d'une action trop rapide. De quoi développer les compétences de lecture et ne pas faire de la complexité un obstacle.
L'histoire, très visuelle, nous laisse rêver à une adaptation cinématographique, principe de la collection. Toutefois, nous pensons que l'intérêt majeur réside dans le style et les choix de la construction de l'intrigue (nombreuses analepses et prolepses par exemple) et qu'il serait donc difficile de rester fidèle aux principes de la narration lors du passage à l'écran.
Le dénouement se devine, mais pas entièrement. Et, rappelons-le, le plaisir se prend surtout à la lecture du style. Un plaisir souvent oublié.
En plus, le choix du titre propose une piste d'exploration intertextuelle qui donne envie d'analyser davantage le roman, mais, pour l'instant, nous vous conseillons seulement de le lire et de le savourer.
Bilan : un coup de coeur pour ce fantastique roman de fantastique qui se distingue des autres par le style de l'auteur.

Mirabilia